L’objectif du suivi mené à Mèze est de mieux comprendre ce que racontent les pluies méditerranéennes : leur origine, leur saisonnalité, leur évolution dans le temps, mais aussi leur rôle dans le fonctionnement hydrologique local.
Concrètement, il s’agit de suivre mois après mois :
- les cumuls de pluie
- la composition isotopique de l’eau de pluie
- les variations saisonnières du signal isotopique
- les liens possibles entre les pluies, les écoulements, les rivières et les nappes
- les effets des épisodes méditerranéens intenses et des périodes de sécheresse
Les isotopes permettent notamment de mieux comprendre les conditions de formation des précipitations, en lien avec la météorologie, la microphysique des nuages et le climat. Mais ils intéressent aussi les hydrologues et les géologues, car ils aident à suivre ce que devient l’eau une fois tombée au sol.
Dans les pluies, la signature isotopique varie fortement selon les saisons. En été, certaines eaux de pluie peuvent être relativement enrichies en isotopes lourds. Dans les rivières ou les nappes, ce signal peut être plus tamponné, car l’eau qui circule résulte souvent d’un mélange entre des pluies récentes, des eaux stockées dans les sols et des eaux plus anciennes.
Sur le Lez, par exemple, le signal isotopique observé dans les écoulements peut différer de celui des pluies, en fonction des saisons, du taux d’évaporation, des conditions d’écoulement ou encore du temps de résidence de l’eau. Le signal de la pluie devient alors un outil pour mieux comprendre les circulations, les stockages et les échanges entre surface et sous-sol.
Ce que l’on cherche à mieux comprendre
Ce suivi aide à répondre à plusieurs questions :
- Quelle est l’origine des pluies qui tombent à Mèze et sur le bassin de Thau ?
- Comment la signature isotopique des pluies varie-t-elle entre l’hiver et l’été ?
- Comment les épisodes méditerranéens intenses se distinguent-ils des pluies plus ordinaires ?
- Que deviennent les pluies une fois tombées au sol ?
- Comment les précipitations contribuent-elles à alimenter les rivières, les nappes phréatiques et les écosystèmes ?
- Comment les changements du régime des pluies peuvent-ils être suivis dans le temps ?
À grande échelle, les isotopes permettent aussi de comparer les pluies entre régions, altitudes et distances à la mer. Plus une masse d’air progresse vers l’intérieur des terres, plus les précipitations ont tendance à s’appauvrir en isotopes lourds : c’est ce que l’on appelle l’effet de continentalité. En montagne, la pluie ou la neige présente également des signatures particulières, généralement plus appauvries.
Ces informations peuvent aider à identifier l’altitude probable de recharge d’une eau souterraine. Si une eau présente une signature compatible avec une recharge autour de 1 000 mètres d’altitude, cela suggère qu’elle provient plutôt de secteurs plus élevés, situés en amont.