Suivi en forêt de l’AIgoual de placettes forestières en Gestion et en Libre Évolution
Questions scientifiques
Suivi comparé de forêts gérées et laissées en libre évolution sur le Mont Aigoual, pour comprendre comment la gestion influence la résilience et la biodiversité face au changement climatique.
Le mont Aigoual est un site emblématique : à la fois haut lieu du reboisement, point d’observation climatique et réservoir de biodiversité. Dans un contexte de réchauffement climatique, les chercheurs y comparent deux mondes :
- les forêts gérées, où les coupes et éclaircies sont planifiées,
- et les forêts laissées en libre évolution, où la nature suit son propre rythme.
Objectif : comprendre comment ces choix influencent la résilience, la biodiversité et la stabilité des écosystèmes forestiers.
Faut-il gérer les forêts pour les aider à affronter le changement climatique, ou les laisser évoluer seules ?
AIGLE étudie :
- la croissance et la santé des arbres selon la gestion,
- la quantité de bois mort (habitat ou risque incendie ?),
- les microhabitats (cavités, mousses, champignons, lichens…),
- la régénération naturelle et la diversité des espèces,
- et les conditions microclimatiques locales.
Cette tâche complète la tâche d’observation GMAP (lien), centré sur la diversité des essences : ici, le regard se porte sur la gestion forestière et ses effets écologiques.
Ce qu’on espère comprendre
- Les forêts gérées résistent-elles mieux à la sécheresse ?
- Le bois mort au sol favorise-t-il la biodiversité ou le risque d’incendie ?
- Quels microhabitats apparaissent dans les forêts anciennes ?
- Le microclimat local aide-t-il certaines essences à mieux s’adapter ?
- La gestion influence-t-elle la capacité des forêts à se régénérer ?
Ces réponses permettront d’ajuster les pratiques forestières et d’imaginer la forêt de demain : productive, riche en biodiversité et résiliente.
Observations
Le suivi repose sur 150 à 200 placettes installées sur le massif du mont Aigoual et sur d’autres sites comparables, en partenariat avec l’ONF et le Parc national des Cévennes. Ces placettes sont équipées de capteurs microclimatiques pour enregistrer température et humidité.
Types de mesures effectuées sur chaque station : dendrométrie, relevés de microhabitats, carottages, mesures de bois mort, analyses de sols et suivi du microclimat.
Concrètement, chaque placette fait l’objet de :
- inventaires dendrométriques (diamètre, hauteur, état sanitaire des arbres),
- mesures de bois mort et de son degré de décomposition,
- carottages pour déterminer âge, densité et croissance du bois,
- relevés de sol et de litière pour caractériser la vie du sol,
- évaluations de microhabitats selon 14 critères (présence de cavités, mousses, lichens, champignons, etc.),
- et du suivi du microclimat grâce à des capteurs enregistrant température et humidité.
Les sites sont revisités régulièrement pour assurer un suivi dans le temps : revisites tous les 5 ans, carottages tous les 10 ans (au moins sur une partie des placettes), afin de mesurer les effets conjoints du climat et des pratiques de gestion sur la santé et la résilience des forêts.
Données bientôt disponibles
- inventaires forestiers (arbres vivants et morts, microhabitats)
- données de croissance (carottages)
- relevés sols et litières
- données microclimatiques (température, humidité)
Equipe
- Xavier Morin (DR CNRS, CEFE), xavier.morin@cefe.cnrs.fr
- Stephan Hattenschwiler (DR CNRS, CEFE) stephan.hattenschwiler@cefe.cnrs.fr
Contact
- Xavier Morin (Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive)
Collaborations
- ONF UT Aigoual
- Parc National des Cévennes
- Réserves Naturelles de France
- Observatoire des Forêts Sentinelles