Gradient Méditerrano-Alpin de Placettes forestières
Questions scientifiques
Un réseau unique de forêts entre Provence et Alpes pour comprendre comment la diversité des arbres aide les forêts à résister au changement climatique.
A l’instar des forêts françaises, les forêts méditerranéennes et alpines changent à vue d’œil : sécheresses plus longues, saisons décalées, mortalité accrue de certaines essences, colonisation par d’autres… Pour comprendre comment les forêts s’adaptent à ces bouleversements, des chercheurs suivent un vaste réseau de placettes forestières du sud de la Provence jusqu’aux Alpes du Nord. Ces “forêts sentinelles” révèlent comment la diversité des espèces influe sur la vitalité et la stabilité des écosystèmes face au changement climatique.
La diversité des arbres rend-elle les forêts plus résilientes au changement climatique ?
Le réseau, constitué de 72 placettes de 1000 m², réparties du sud au nord, permet de tester les effets du climat et du mélange d’essences (forêts “pures” vs “mixtes”) sur :
- la productivité et la croissance des arbres,
- la régénération naturelle,
- la décomposition des litières,
- et la structure des communautés végétales.
Ces suivis à long terme contribuent à mieux anticiper les évolutions des forêts méditerranéennes et de montagne, particulièrement sensibles au réchauffement climatique.
Observations
Les placettes sont réparties sur six grands massifs : Sainte-Baume, Luberon, Lagarde d’Apt, Ventoux, Vercors, et Bauges, couvrant un gradient climatique complet, du climat chaud et sec provençal aux forêts plus humides des Alpes du Nord.
Chaque site est organisé en triplets de placettes comprenant une forêt mélangée et deux forêts monospécifiques (ex. hêtre et sapin, ou chêne pubescent).
Chaque placette (1000 m²) est instrumentée pour le suivi microclimatique :
- Température et humidité de l’air : il y a au moins un capteur “air” par triplet ; sur certains sites, les capteurs air sont installés sur deux placettes du triplet (typiquement mélange et pur hêtre).
- Température et humidité du sol : à ce stade, les capteurs sol sont uniquement présents dans les placettes mélangées, et seulement sur 4 sites.
- Stations météo forestières : l’objectif est une station météo par site. Pour le moment, deux stations sont déployées, et les quatre restantes sont disponibles au laboratoire (déploiement à venir).
Des caméras phénologiques suivent quotidiennement le cycle de vie des arbres.
En tout, le réseau GMAP compte :
- 72 placettes réparties sur 6 sites,
- 21 capteurs climatiques,
- 12 caméras phénologiques,
- plus de 1 500 arbres génotypés,
- et des suivis continus depuis 2013.
Les équipes du CEFE-CNRS effectuent aussi :
- des carottages pour mesurer âge, densité et croissance du bois,
- des inventaires de semis pour suivre la régénération naturelle,
- des analyses de traits foliaires et de bois,
- des relevés botaniques et génétiques,
- et des mesures de bois mort et d’herbivorie.
Les premières analyses montrent que les forêts mixtes captent mieux la lumière, croissent plus régulièrement et résistent mieux aux variations de climat, même s’il existe une certaine variabilité de réponse selon les essences. Ces résultats confirment le rôle fondamental de la diversité biologique dans la résilience des écosystèmes forestiers.
Données
- inventaires forestiers (composition, structure, régénération)
- données climatiques (air et sol)
- croissance et densité du bois
- traits fonctionnels pour le hêtre
- données de décomposition de la litière
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- Xavier Morin (Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive)
Collaborations
- ONF (RDI Méditerrannée et Alpes)
- LECA (UMR Grenoble)
- LESSEM (INRAE Grenoble)
- URFM (INRAE Avignon)
- BIOGECO (INRAE Pierroton)
- SILVA (INRAE Champenoux)